PIERRE BERTRAND

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BANDE ORIGINALE DU FILM « LA GRANDE VIE » Un film d’Emmanuel Salinger

Musique originale de PIERRE BERTRAND

SORTIE le 19/11/2009

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Synopsis :

Prof de philo à Saint-Étienne, aussi discret qu’intègre, Grégoire peine à enseigner les fondements de la sagesse à des lycéens somnolents. Catapulté à Paris par un destin facétieux, il se découvre un nouvel élève en la personne de Patrick, un animateur vedette de télévision. Au sommet de sa gloire, Patrick n’est pas heureux. Il veut apprendre, il veut changer, il veut Grégoire pour coach. Troublé puis séduit, Grégoire hésite, résiste, et cède… Il sera un Socrate pour l’Alcibiade du petit écran ! Mais le jeu du « Connais-toi toi-même » recèle des surprises… De ces deux hommes que tout oppose, finalement, qui sera l’élève et qui le maître ?



Note du réalisateur :

Pierre Bertrand a été tout de suite bien plus qu’un collaborateur : dès notre première rencontre, c’est en complice bienveillant qu’il a pris la peine d’écouter mes requêtes de profane ; puis, les jours suivants, c’est en véritable devin qu’il a fait surgir la musique du film.

J’ai ainsi découvert sa formidable puissance de travail, sa disponibilité, sa fantaisie, bref, cette passion infaillible, exigeante et joyeuse, que connaissent depuis longtemps ses amis du Paris Jazz Big Band.

Riche d’une pluralité d’influences et pourtant toujours singulière, quelquefois nostalgique mais jamais passéiste, forte d’une tradition qu’elle réinvente au présent, la musique de Pierre ressemble à une langue vivante ; souple, ingénieuse, ouverte, elle s’offre en partage ici et maintenant. Si, par moments, elle accompagne les personnages, leurs bizarreries visibles et leurs dérèglements secrets, elle fait, le plus souvent, bien davantage : propulsant le film en avant de toute son énergie, elle raconte la folie douce au c½ur des entreprises humaines, la gaîté et le vague à l’âme, l’alliance du rire et des larmes qui tisse l’étoffe des grandes vies.

Emmanuel Salinger


Notes du compositeur


L’humour fin et le rythme soutenu de ce film m’ont tout de suite séduit. Dans la vie, c’est à toutes ces choses que je rie ! Par la suite, en apprenant à connaître Emmanuel Salinger, j’ai compris que l’on avait un sens de l’humour très proche et cela est sûrement ce qui à rendu nos échanges si facile et nos discussions sur le film si agréables.

Afin de renforcer dès le départ le rythme du film, nous avons choisi avec Emmanuel, d'utiliser le trio de jazz (contrebasse, batterie, piano) avec une flûte soliste comme fil rouge, avec la présence potentielle d’un big band et d’un orchestre à cordes. Les instruments devaient entrer et sortir, sans que l’on n’entende jamais tous les musiciens ensembles et ce jusqu’au thème flamboyant  et "libérateur" de "la grande vie" qui compte un effectif grandiose : la réunion d'un grand orchestre de jazz et d'un orchestre à cordes.

Il y  a ainsi 4 thèmes principaux en relation avec les étapes de la vie de Grégoire dans le film. Le premier est « Greg’s Jungle", il est très rythmique, très simple et naïf, mettant en avant la contrebasse et la batterie. Ce thème est attaché à l'agitation qui habite Grégoire qui se démène dans sa « petite vie » ; vient ensuite le thème « Paillettes » et le thème « Love Song » orchestré avec des cordes et des cuivres en sourdine et le thème de « La grande Vie » qui accompagne le changement de vie de Grégoire.

Dans le cas de la comédie, deux problèmes se posent : il est très difficile de faire rire pour un acteur, c'est bien connu, d'autre part l'humour en musique pure n'existe pas, la musique procure des émotions mais n'est pas comique à proprement dit.

Ainsi, la complexité d'écrire une musique originale pour une comédie,  réside d'une part,  dans la compréhension des subtiles nuances qui existent pour faire rire (situations comiques, les dialogues, les mimiques, les émotions cachées, les quiproquos etc...) et, d'autre part,  dans le fait que le rire étant souvent provoqué involontairement par le/les personnage(s), il est délicat d'y mettre une musique qui procédera d'un démarche volontaire et qui risquerait de dévoiler les "gags" ou d'indiquer bêtement au spectateur où il faut rire! Pour la musique de cette comédie, il ne s'agissait donc pas de "souligner", mais plutôt de focaliser sur un élément de l'action ou sur une humeur d'un personnage comme si la musique participait à la scène avec les acteurs.
Composer en respectant ce délicat équilibre d'humour a été très excitant pour moi.

Emmanuel Salinger a fait un travail formidable en traitant un sujet « d’actualité » qui n’est finalement pas si gai, avec une attention toute particulière pour la philosophie - sujet des plus sérieux – et pourtant, le film enchaîne des cascades de situations comiques, des milliers de petits détails, tout est humour, et tout est si naturel, si réel. Au final c’est un film où l’on va rire pour de nouvelles choses à chaque fois qu’on le visionne.

Ce film, qui nous parle en arrière plan, de philosophie, m'a fait souvenir qu'à l'époque reculée de Pythagore les mathématiques, la philosophie et la musique formaient une seule et même discipline...! Mais, ce n’était pas la même comédie !


Pierre Bertrand, paris le 1 septembre 2009
LA BOITE NOIRE DE PIERRE BERTRAND